Base de données Apps4Ag

Serge Kedja

L’ICT4D (les TIC pour le développement) a été dominé par deux évolutions majeures :  la croissance explosive et la prolifération des technologies de téléphonie mobile et infrastructures sans fil, et la pénétration continue de l’Internet et la montée des médias sociaux.

L’omniprésence des TIC, en particulier des technologies mobiles, est en train de transformer sensiblement la façon dont les individus, institutions et pays échangent des informations et interagissent. Cela offre une opportunité immense aux agences de développement internationales pour améliorer leurs moyens, et relever le défi mondial de la faim et de la pauvreté. Cependant, les populations rurales, et en particulier les millions de petits exploitants agricoles, bénéficient très faiblement du potentiel lié à l’adoption et l’utilisation des nouvelles technologies.

À l’heure actuelle, une révolution numérique est en train de changer l’agriculture, mais les petits agriculteurs pauvres n’en bénéficient pas (Bill Gates, 2012).

La citation ci-dessus a été confirmée par l’UIT dans un rapport qui a déclaré : « La technologie et les services mobiles continuent d’être les principaux moteurs de la société de l’information avec un nombre d’abonnement en mobile à haut débit atteignant près de 2 milliards, mais l’adoption des TIC reste limitée dans de nombreux pays en voie de développement, et en particulier dans les pays les moins connectés du monde (LCCs) » (MIS, 2013). Cela confirme le défi de développement auquel les organisations sont confrontées pour assurer l’utilisation des TIC dans les programmes ciblant les petits producteurs. La solution pour accélérer l’adoption des TIC, principalement par le biais des appareils mobiles, par les petits exploitants, se situe à deux niveaux : d’une part, faire en sorte que les petits exploitants soient en mesure de bénéficier de la pénétration de l’Internet dans les zones rurales et, d’autre part, veiller à ce que les petits exploitants soient conscients des avantages de l’utilisation des applications sur leurs appareils pour l’amélioration de la production, l’efficacité du marketing de leur entreprise, et l’amélioration de leurs moyens de subsistance.

L’état actuel des TIC et des applications mobiles pour l’agriculture

Les expériences de la Conférence internationale ICT4Ag 2013 organisée par le CTA et ses partenaires ont révélé l’énorme potentiel des nouvelles technologies pour l’agriculture. Cela a également montré diverses initiatives des pays en voie de développement dans le développement d’applications TIC pour cerner les questions d’information le long de la chaîne de valeur agricole. Cependant, la conférence a démontré la grande diversité et le peu de cohérence dans le processus de développement des différentes applications résultant de chevauchements aussi bien que d’un constat de lacunes dans les services offerts. Tout ceci a consolidé la demande des participants pour la mise en place d’un centre d’information exhaustif de référence (et reconnu) permettant d’obtenir des informations sur les applications liées au secteur, et d’offrir la possibilité aux utilisateurs d’examiner et évaluer les applications. La conférence a également démontré que le déploiement de la majorité des applications en est encore au stade pilote et qu’elles sont peu nombreuses à être capables d’évoluer et atteindre la durabilité sans le soutien des donateurs.

Les initiatives précédentes qui ont déjà tenté de traiter ces questions par le passé sont « Inventory of Innovative Farmer Advisory Services using ICTs », par le Forum pour la Recherche Agricole en Afrique (FARA) en 2009 ; un rapport impressionnant « Mobile Applications for Agriculture and Rural Development », par la Banque mondiale en 2011 ; le livre de référence « TIC dans l’agriculture », également par la Banque mondiale en 2012 ; « Mapping of ICTs Along the Ag Value Chain », par le programme Global Broadband and Innovation (GBI) de l’USAID en 2012 ; les documents d’information FACET de l’USAID, ce qui a pris fin en 2013 ; et le projet de la GSMA « mAgri Deployment Tracker and Africanapp », actuellement en cours. Notons toutefois que bon nombre de ces initiatives n’ont pas été soutenues et ont perdu de leur valeur avec le temps ; les informations devraient être mise à jour pour être pertinentes et utiles.

Buts et objectifs

L’initiative proposée vise à construire une base de données Apps4Ag complète, à jour et pertinente, favorisant l’accès et l’adoption des TIC et des applications mobiles par les individus et les institutions impliquées dans le développement de la chaîne de valeur. Les objectifs spécifiques incluent :

  • la collecte et la documentation des applications TIC pour l’agriculture, grâce à une base de données Apps4Ag.
  • la cartographie des applications suivant un cadre d’évaluation défini dans la chaîne de valeur agricole pour en faciliter l’utilisation par ses acteurs.
  • l’élaboration d’un cadre pour l’évaluation de la convivialité et la fonctionnalité des applications dans le développement de la chaîne de valeur agricole.
  • l’essai du cadre d’évaluation sur des applications sélectionnées, dans des régions géographiques choisies, et la mise en place d’une communauté de pratique autour des Apps4Ag.
  • l’utilisation du cadre d’évaluation pour soutenir la mise à l’échelle des initiatives ICT4Ag, avec le soutien de la communauté de pratique dans l’évaluation des applications.

Approche de la base de données

Avec son expérience en ce qui concerne la gestion des connaissances pour l’agriculture et le développement rural, son expertise actuelle en matière de TIC pour l’agriculture et le développement rural, et son leadership dans l’organisation de la Conférence ICT4Ag, le CTA envisage de répondre à la nécessité de fournir à la communauté de développement de la chaîne de valeur agricole, ainsi qu’à la communauté de développement d’applications, une plateforme durable d’interaction qui réponde à l’évolution rapide des besoins des parties prenantes. Apps4Ag stimulera la diffusion des informations, l’échange des connaissances, la vulgarisation et la fourniture de services de conseil, l’engagement des agriculteurs et l’accès aux marchés aussi bien pour les intrants que les extrants agricoles. Le CTA propose ainsi de créer un espace d’interaction en respectant les étapes suivantes :

  • Modèle d’affaire et pérennisation

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